Comment apprivoiser le Zéro Déchet ?

Je vais vous parler aujourd’hui de quelque chose qui prend de plus en plus de place dans ma vie, enfin, plutôt dans ma façon de vivre, depuis à peu près 2 ans. Ça a commencé par des initiatives autour de moi, des rencontres et il faut dire que j’ai la grande chance sur ce point d’avoir un quartier très engagé : je vais vous parler du Zéro Déchet. À moins d’être totalement déconnecté du monde, vous avez forcément entendu parler de cette expression ces derniers mois, entre l’ouverture de boutiques en vrac, même des stands de vrac dans les grandes surfaces, les reportages dans les médias.

Pour ne pas dire de bêtises, je cite Planetoscope :

« Production de déchets ménagers en France : on estime que ces déchets représentent 519 kg par habitant en 2014. »

Une demie tonne par personne… ça fait peur non ? Moi ça m’a fait peur, alors même si je suis loooin d’être parfaite, j’essaie de réduire tout ça. Ça a représenté plusieurs investissements au début, mais que je rentabilise déjà 2 ans plus tard. C’est donc passé par l’achat de mouchoirs lavables (comme mon papa !), cotons lavables (avec un bébé qui mettait encore des couches il y a quelques mois, autant vous dire que c’était pas négligeable), essuie-tout lavable, éponges lavables, bocaux pour le vrac, savon pour remplacer le gel douche, mais aussi par la fabrication de mon déodorant, le passage aux serviettes hygiéniques lavables, l’utilisation de gourde et la mise en place d’un compost au fond du jardin. Je vous parlerai d’ailleurs plus en détails de certains éléments de cette liste dans des articles dédiés 😉

Éponge lavable, mouchoirs, gourde Gaspajoe, achetés à la boutique Ethics
Sop’malin (essuie-tout lavable) et cotons, commandés à Lili M la Fée

Ce n’est pas parfait, il y a encore par exemple de nombreux emballages alimentaires dans mon frigo, notamment pour mes achats de produits bio ou vegan (accro au tofu de toute sorte bonjour, vous me comprendrez je pense !). Mais ça réduit. Là, j’ai fêté mes 30 ans avec des amis, j’ai acheté que des boissons consignées, et le buffet venait d’un traiteur spécialisé dans le sans gluten et sans lactose : les seuls déchets du repas, le carton qui a servi à transporter les tartes et mini-fours ! C’était déjà une victoire pour moi.

Et une des règles essentielles, quand vous êtes une démarche de réduction de vos déchets, c’est justement se dire qu’il n’y a pas de petites victoires.

Au moment où j’ai découvert le « mouvement Zéro déchet », j’ai fait l’erreur du débutant classique : j’ai voulu tout faire en même temps. Le vrac, la cuisine maison, le marché toutes les semaines, les produits de tous les jours en version lavables. Quand je me suis retrouvée débordée, ce qui est arrivé vite, j’ai baissé les bras un moment, en me disant que je ne pouvais pas sur tous les fronts. Je m’en suis voulue, j’ai eu honte, j’ai culpabilisé. Alors qu’au final, c’était vrai : on ne peut pas être sur tous les fronts. Alors on fait ce qu’on peut à notre échelle, et quand certaines bonnes habitudes sont enfin installées, on peut les pousser plus loin, on peut en mettre en place de nouvelles. Mais on ne précipite rien, sinon on risque vite de retomber à zéro progrès plutôt que zéro déchet…

Aujourd’hui, j’avance à mon rythme, en me disant qu’au moins, je ne suis pas inactive face aux enjeux écologiques dont nous prenons de plus en plus conscience. Et plutôt que de déprimer à chaque fois que je vois une news sur le sujet, je me dis que je dois continuer à avancer, que je fais ça pour notre planète, nos enfants, leur futur. Et ça, ça me parle et me motive. Tous ces petits gestes sont importants et en plus, ils m’aident à me sentir mieux, dans ma vie, et avec ma conscience. Comment pourrais-je ne pas partager ça avec vous ? 😃

Et vous alors, connaissez-vous ce mouvement et qu’en pensez-vous ? Avez-vous essayé de changer certaines de vos habitudes pour la santé de notre planète ?

 

La réponse « capillotractée » d’une Balance au Cancer

Mon titre vous laisse perplexe ? Je vous comprends, pourtant je vous assure que tout y est : ça parle de cheveux, d’une fille qui est née en octobre, et d’un vilain crabe à qui elle ne veut pas laisser le dernier mot. Plus simplement, ça parle d’un don de cheveux, que j’ai fait il y a maintenant un an, à l’occasion de mon anniversaire et qui a profité aux personnes atteintes du cancer.

Car si je viens de fêter ma nouvelle dizaine, c’est bien il y a un an que je fêtais l’entrée dans ma 30e année (si si, je vous laisse faire le calcul) et j’avais décidé de faire ça en me coupant 30 cm de cheveux. Pour l’envie de changement, mais pas que : c’était aussi pour une cause chère à mon cœur, celle de la lutte contre un des maux de ce siècle. J’avais donc fait mes recherches et j’ai choisi d’aller chez Fairbell, un salon partenaire d’associations qui viennent en aide aux personnes atteintes du cancer, dont Solid’Hair. Avec votre don de cheveux (longueur minimale de 20 à 30 cm, selon les associations), des perruques seront confectionnées et des fonds seront donnés aux personnes dans le besoin, leur permettant de s’offrir une coiffe de qualité. Votre chevelure aura une seconde vie et cette personne aussi !

Au salon, les coiffeuses ont été aux petits soins et très encourageantes : j’étais sûre de moi, mais pas si facile de se délester 30 cm de cheveux, de passer d’une longueur au bas du dos à une au dessus des épaules !

Aujourd’hui, un an plus, tard, je ne regrette rien ! Mes cheveux (très) longs me manquent parfois, mais finalement, ils sont souvent attachés, et les chignons restent bien fournis, même avec 20 cm en moins par rapport à avant la coupe. Et si c’était à refaire, je le referais… non en fait, pas de conditionnel, c’est déjà décidé, je le referai : je continuerai d’alterner période de pousse, jusqu’à les avoir en bas du dos, puis don de 25 ou 30 cm, puis période de pousse, puis don, etc. Ce n’est peut-être pas grand chose, mais je veux pouvoir faire autant de dons que possible à mon échelle, pour accompagner les dons que je fais directement en « argent comptant », évidemment. En parlant d’argent d’ailleurs : la coupe est offerte quand vous venez vous couper les cheveux pour un don. Alors, convaincu.e ? Avez-vous déjà envisagé ce genre de dons ? Ou l’avez-vous déjà fait ?

Pour la petite histoire, finalement, ce n’est pas Solid’Hair qui a récupéré mes cheveux, à cause de mes mèches blondes… mais la gérante du salon de coiffure m’a tenue informée, et mes cheveux sont partis à une association similaire, en Belgique. J’étais vraiment heureuse d’avoir choisi Fairbell pour cette raison : je savais que les coiffeuses avaient la cause à cœur et feraient tout pour qu’aucun don n’ait été fait en vain, cette démarche me l’a bien prouvé.

Pour les curieux qui ont envie de voir ce que ça donnait le Jour J :

Dessiner, quoiqu’il arrive

Je l’évoquais lors de mon retour cet été, mais il y a donc quelques mois, j’ai fait la rencontre d’une belle personne. Il y a des êtres humains comme ça, qui rayonnent, qui nous brûlent de leur bienveillance. Mais c’est une brûlure que l’on chérit, car elle a réveillé la petite flamme, là, celle qu’on avait oubliée au fur et à mesure des années. Et en ces quelques heures de passage qu’ils font dans notre vie, ils laissent une marque au fer rouge, pour qu’on ne l’oublie plus, cette petite flamme.

Pourquoi cette métaphore du feu ? De vous à moi, je n’en suis pas sûre. Est-ce un restant de fièvre ou simplement ce qui ressort comme sensation à l’évocation du sujet ? Un mix des deux ? Mais peu importe, je m’enflamme et c’est pour la bonne cause. Si si, je vous assure.


Cette belle personne, c’est Ponymasta, aussi prénommé Mickaël. C’est un artiste qui s’est donné pour noble mission de partager son savoir pour que plus personne autour de lui ne se dise « moi, j’aimerais bien savoir dessiner, mais je n’ai pas de talent…« . Alors il nous donne des bases solides, sincèrement, toutes les bases essentielles, mais surtout, il nous donne une grande leçon de vie.

Et pourtant, comme j’en ai mis du temps à écrire cet article ! Ça a été un tourbillon dans ma vie à ce moment-là, tellement d’émotions, tellement de messages, de connaissances, que cet homme nous a transmis cet après-midi-là. Je pense que j’avais besoin de recul, de laisser cogiter jusqu’à ce que ça me semble suffisamment clair pour l’exprimer ici. Mais ce que je savais déjà, c’est que je lui en serai éternellement reconnaissante.

Grâce à lui, je ne dirais plus que « je dessine toujours comme une gosse« , parce que ça ne veut rien dire, et qu’il y a des gosses franchement, je rêverai de dessiner comme eux. Grâce à lui, j’arrête enfin d’abandonner avant même d’avoir commencé, j’arrête de placer des attentes trop hautes, je prends ce que je peux, tout instant passé à gribouiller, je le vivrai comme une victoire ! Car j’ai enfin compris que ce n’est qu’à force de pratique que je le choperai, mon coup de crayon, et qu’aucun dessin n’est vain. Chaque moment où je griffonnerai sur une feuille me fera du bien, me videra la tête et me rapprochera de mon objectif.

Alors aujourd’hui, j’ai pris mes crayons, et j’ai fait en un seul dessin une reprise des 3 premiers jours du challenge « Inktober« , mélangé au challenge « HiWitchtober« , dont j’ai adoré les thèmes. Alors oui, je n’ai pas choisi le plus simple, et je ne suis pas sûre du tout de réussir à m’y tenir. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas grave. Car ce soir, j’ai pris plaisir à dessiner, et c’est tout ce qui compte.

Les mots étaient :
Pour Inktober : #poisonous #tranquil #roasted
Pour HiWitchtober : #bubble #gamer #traveling

J’ai donc fait des bulles empoisonnées, avec un chat posé tranquille en train de jouer, avec une note d’une sorcière partie en voyage qui demande à son chat de surveiller sa marmite pour ne pas finir grillé… C’est pas du grand art, mais j’ai adoré faire ce gribouillis avec toutes ces contraintes thématiques. Et ça me suffit.

Vous aussi, vous vous dites que vous ne savez pas dessiner, que le dessin ce n’est pas fait pour vous, mais malgré tout cela reste au fond de vous, comme un chat qui s’obstine à gratter derrière la porte de votre chambre toute la nuit ? (Rendons à César ce qui est à César : cette dernière comparaison vient de Mickaël). Ouvre-lui la porte, à ce chat, et lançez-vous avec une initiation dessin Ponymasta. En plus, il organise ça au Dernier Bar Avant la Fin du Monde et entre nous, ce genre d’apocalypse, on en a tous besoin.

 

Et si on s’écrivait ?

À une époque où on est hyper connecté, hyper sollicité, qui n’a pas eu envie de se couper de toutes ces notifications ? Pourtant, un message d’un ami devrait toujours être une source de plaisir ! Mais quand on sature, on ne fait plus la part des choses, et le moindre courrier électronique peut vite tomber dans l’oubli. Que celle ou celui qui n’a jamais laissé passer des semaines sans répondre à un MP Facebook ou un e-mail me jette la première pierre (et se manifeste en commentaire car sincèrement, je veux en savoir plus sur toi !).

Moi, dans tout ça, j’ai envie de vous déclamer mon amour pour des bouts de papier, des bouts de carton. Mais pas n’importe lesquels ! Vous aurez sans doute deviné dès le début où je venais en venir : je parle des lettres et cartes postales. OUI, JE VOUS L’AVOUE ! Trouvez-moi old school si vous voulez. Envoyer, recevoir un « courrier papier », c’est pour moi un de mes petits bonheurs ! 💌

Tous les étés, j’envoie ma petite carte, j’ai même des amis qui doivent en recevoir une de moi tous les ans depuis quelques années maintenant (si vous me lisez, coucou, je vous aime ❤️). Et j’en reçois, aussi. D’ailleurs, si tu te reconnais dans le mix de courriers que j’ai mis en illustration de cette article, toi aussi, je t’aime. 💕

Bon cet été, j’ai quand même un mea culpa à faire : après une série d’évènements à base d’urgence hospitalière et valises faites précipitamment, une grande partie de mes cartes postales de mes vacances en Haute-Savoie, ont été égarées, et depuis elles attendent encore d’être écrites et postées. Mais elles partiront vers de nouveaux paysages bientôt, croyez-moi !

Mais je me suis dit aussi que je voulais partager ça avec d’autres, des inconnu(e)s ou presque : j’ai rejoint il y a quelques mois un groupe Facebook, de personnes que l’on pourrait désigner comme fangirls de la série Outlander (Netflix, encore, quand tu nous tiens !). Mais dans ce groupe, on partage bien plus que des news de la série : on a deux super admins qui nous font rêver et voyager avec des anecdotes historiques, des explications sur la mythologie celtique, et des paysages écossais et irlandais à en couper le souffle… et à force de me faire voyager par procuration avec tout ce groupe, j’ai eu envie de plus qu’un like, plus qu’un commentaire. J’ai donc proposé un échange de cartes postales ! Le groupe est francophone, et dans cet échange, nous avons donc décidé de profiter des différentes localisations de chacun et chacune : je me retrouve donc avec un binôme québécois ! 🇨🇦 ⚜️ 🍁 Autant vous dire que je suis déjà impatiente d’écrire et customiser mon envoi. Et alors que je suis malade depuis une semaine, que toute la maisonnée est sous tension entre fatigue, manque de temps, besoin de repos, beaucoup de repos, je dois avouer que la perspective de ces échanges épistolaires est une véritable bulle d’oxygène pour moi.

Je me suis même amusée à faire cette image pour illustrer cet échange pour le groupe !

Mais aujourd’hui, c’est à vous que je le propose : qui a envie d’une petite carte ? Si l’envie vous en dit, laissez-moi un petit commentaire ici, ou sur le post Facebook. Je reviendrai vers vous en message privé, si je ne l’ai pas déjà, je vous demanderai votre adresse et je vous enverrai une petite carte dans les semaines à venir (non, je ne vous dirais pas quand, pour vous laisser la surprise !).

Alors, on s’écrit ? 

À ces bons conseils que l’on n’écoute jamais

À chaque moment de notre vie des personnes, des proches, vont nous donner des conseils. La plupart du temps, on va acquiescer, faire « oui oui » de la tête, mais entre nous… On va arrêter de se mentir, personne (ou presque !) ne les met en pratique.

Mais alors pourquoi ? Car finalement, ce sont de bons conseils, s’ils sont bien intentionnés… Ça nous est même arrivé de les donner, mais qu’en est-il de les appliquer ? Dans les faits, si vous êtes comme moi, et j’aime me dire que je ne suis pas un cas isolé, vous faites passer tout le reste avant vous (mais genre, TOUT le reste) et vous eh bien, on verra ça plus tard.

Et donc les bons conseils, comme de prendre du temps pour soi, ils passent à la trappe ! Ce n’est pourtant pas les idées qui manquent… On pourrait prendre ce premier cours de dessin qu’on reporte depuis 20 ans, et il y a aussi cet instrument dont on souhaite (re)jouer, et cette pile de livres à lire qu’on aimerait voir diminuer ou encore ce nombre « d’épisodes à voir » sur Betaseries qui donne le vertige… On en a envie, on sait que ça nous ferait du bien de prendre ce temps pour nous, mais on ne le fait pas.

Prenons, à tout hasard, un autre exemple : ce blog, que vous vouliez tant créer, où en est-il au bout de 5 ans d’existence ? Même pas 50 articles. Ce blog, sur lequel vous n’avez pas écrit depuis un an et un mois… (non, je ne vise personne en particulier voyons)

Qui n’a jamais dit « Cette année, je m’y (re)mets ! », qui n’a pas un jour entendu ou dit un de ces « bons conseils » en se disant « un jour, je l’appliquerai ». Arrêtons de reporter à demain, à un moment plus opportun. Ça ne donne rien de bon et croyez-moi, je suis experte dans le domaine.

Récemment, j’ai entendu ceci : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant ». Et vous savez qui m’a dit ça ? Un prof de dessin, lors d’un cours d’initiation que j’ai suivi il y a quelques jours… comme quoi, tout commence !

Alors, ces bons conseils, on les sort du placard ?

 

Une histoire de routine

Ça commence tout bêtement, un soir de pluie torrentielle, un peu plus fatiguée que d’habitude, avec au creux du ventre un sentiment de solitude. Puis on craque, on a besoin de changements, on essaie dans notre coin d’aller mieux, sans grands résultats, et avec grande déception.

L’histoire de Camille racontée par Raphaëlle Giordano dans « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » n’est pas un chef d’œuvre littéraire, mais elle a fait un drôle d’écho à mon état de ces derniers temps. Le livre nous accompagne dans une thérapie positive, simplement mais joliment contée.

Camille a tout pour être heureuse, mais elle ne l’est pas. Elle essaie de relativiser, d’aller de l’avant, mais elle est enfermée dans son cercle vicieux. Je ne me suis que trop reconnue dans le schéma et vu le succès de l’ouvrage, je ne suis pas la seule. En 250 pages, Claude, routinologue, nous prend par la main pour nous guider vers le cercle vertueux. Un guide du bonheur comme il doit en exister des milliers, celui-ci a l’avantage d’être romancé et de se lire en quelques heures.

Pour tous ceux et celles victimes d’un coup de blues, ou plus, je vous le recommande donc chaleureusement ! Ce roman, dévoré en quelques heures, n’est pas là pour nous faire voyager, mais il laissera son lecteur rêveur et pour ma part, avec une folle envie de changer ma routine.

une-histoire-de-routine

Tourner la page

J’ai une page que j’ai besoin de tourner, et ça fait des mois que les mots tourbillonnent dans ma tête, mais s’en trouver la paix, j’espère la trouver ici. J’en parle autour de moi, à mes proches, mais je sens que j’ai besoin, encore une fois, de les écrire. Pourquoi encore une fois ? Car j’ai déjà écrit des mots, des dizaines et des dizaines de lignes, au principal intéressé.

Alors que je me décide enfin ce soir à m’épancher ici, je réalise que ça doit faire un an depuis son dernier message. Ça pourrait y ressembler, mais non, je ne décris pas un chagrin d’amour. Je parle de ce qu’on peut appeler un « chagrin d’amitié ». On n’en parle pas aussi souvent, même si j’ai trouvé des articles, ici ou encore . Alors que ça fait si mal. Une amitié peut être fusionnelle, sauf qu’on ne s’attend jamais à ce qu’elle finisse. Et pourtant.

Il y a 10 ans, je rencontrais quelqu’un sur les bancs de la fac et il allait devenir mon meilleur ami. C’est peut-être puéril comme appellation me direz-vous, mais c’est pourtant ça. Très rapidement, ça a été le « meilleur », celui qui me comprenait le mieux dans mon entourage proche, avec qui je parlais des heures, ça ne me vient pas en français et je m’en excuse, mais il était réellement « my better self », version masculine.

Les années ont passé, avec de la distance, parfois physique mais pas toujours, mais on était là l’un pour l’autre, on semblait évoluer dans le même sens. Il avait adopté ma famille, mes amis, et mon homme. Il m’avait vue dans mes jours les plus sombres et moi dans les siens.

Puis l’année dernière, tout a basculé dans ma vie et dans notre amitié.

Dans ma vie, ça a été plutôt brusque : quand j’ai appris ma grossesse, on a cherché un nouveau chez nous, on a revu nos projets, nos priorités. C’était très fort. Mais aussi très flippant. C’était une année riche en émotions, aussi bien des grands moments de joie, que des périodes de doutes ou de peurs.
Dans notre amitié, le changement n’a pas vraiment été brusque. Il n’y a rien eu de radical, simplement… il n’a pas été là. Il a fallu que je réclame, mais qui réclame son meilleur ami ? Où était passé son sixième sens, qui était de toujours savoir quand j’avais besoin de lui ? Puis j’ai fini par être trop fatiguée, physiquement comme moralement, pour le « réclamer ».

Je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur, il ne voyait pas les choses sous le même angle. Ce qu’il a vu comme un besoin pressant d’attention de ma part, je l’ai vécu comme un abandon de la sienne.

quote-friendship-autumn

Un an. Un an de silence.

Je ne comprendrai sûrement jamais ce qu’il s’est passé au point qu’il décide que je n’en valais plus la peine, que mon amitié n’était plus qu’un poids pour lui, dont il se devait se débarrasser (enfin ?). Il avait déjà laissé de côté des amitiés avant. Certains me diront alors « Tu aurais dû t’en douter ! », et vous ne serez pas les premiers. Mais je ne l’ai jamais vu comme ça, j’ai même toujours refusé de le voir comme ça. Je l’avais même toujours défendu auprès de ces amis, déçus et délaissés. Puis ça m’est arrivé à moi et il n’y a plus personne pour me contredire. Même pas lui.

Heureusement pour moi, quelqu’un est venu couvrir ce silence. Ce silence est toujours douloureux, mais il est chaque jour moins lourd à porter, comblé par des cris, des pleurs, des balbutiements.

Car dans deux jours, cela fera déjà un an qu’un petit cri a retenti dans une salle d’accouchement, un soir, très tard, à la maternité Jeanne de Flandre. Et pour elle, il est temps que je tourne la page.

Mes recettes ‘guilt-free’

Si vous suivez un peu ce blog, vous avez sûrement remarqué que par rapport à mes premières recettes, je précise de plus en plus souvent ‘guilt-free‘, ce qui correspond pour moi à « sans gluten et vegan« . Dans cet article, j’aimerais simplement revenir rapidement (ou presque) sur ça.
Pour ce qui est du gluten,

C’est peu le grand drame de ma vie (culinairement parlant évidemment, il faut savoir relativiser). Comprenez-moi : j’aime les tartes, les tourtes, les crêpes, les viennoiseries, le pain et une multitude de biscuits parmi lesquels mes cookies bien-aimés. Mais il y a 2 ans, alors que je cherchais depuis un paquet d’années une solution miracle à mes migraines, quelqu’un qui vivait la même chose que moi m’a fait une suggestion. C’était un professionnel médical, qui donc me confirmait qu’avoir un corps devenu insensible à certains médicaments, notamment ceux à base d’opium, n’était pas en soi idéal. Il m’a dit qu’après plusieurs essais de son côté pour trouver la source (mais en fait c’est fourbe, car il y a plusieurs facteurs qui rentrent en compte), il avait remarqué qu’en éliminant le gluten de son alimentation, ses migraines avaient quasiment disparu !

Toute contente, je me suis dit que j’allais revivre, finie ma migraine hebdomadaire ! Sauf que j’ai fouillé un peu : le gluten, y en a quasiment partout. Et puis en même temps que je cherchais recettes et alternatives, je découvrais la « mode du sans-gluten ». Autant être honnête, ça m’inspirait pas plus que ça. Mes migraines n’étant pas tellement plus inspirantes, j’ai essayé. Et voilà, le miracle a opéré. Ça fait maintenant quasiment 2 ans que le miracle opère toujours. Parce que je n’aime pas faire le mouton ni les choses à moitié, j’ai fait des tests médicaux, qui ont confirmé une intolérance, mais pas une allergie. OUF. Les traces de gluten, ou en toute petite quantité, ça passe.

Alors bon, effet placébo ou pas, je vous avoue que mon quotidien est nettement plus agréable depuis que 96 % de mes migraines ont disparu (bah ouais, elles reviennent quand même de temps en temps, faut pas rêver), donc je continue à cuisiner dans ce sens.

Pour ce qui est du vegan (sans cruauté animale / ni rien du tout d’origine animale),

Je vais être honnête tout de suite : je ne suis pas vegan. La cause animale m’a toujours travaillée et me travaillera sûrement toujours. Mais actuellement, même si quand je lis certaines news, vois certaines vidéos choc PETA ou autre, j’ai le sentiment d’être monstre sans âme, ça ne suffit pas à me dégoûter de tous ces ingrédients d’origine animale. Un régime vegan me frustrerait et cette frustration a elle-seule serait une totale hypocrisie envers la cause. J’aime la viande, le fromage, le miel… Mais quand je peux, quand cela ne change « rien » au résultat final, j’aime cuisiner l’alternative vegan. Car j’essaie de consommer de manière responsable. J’essaie d’être la plus exigeante possible sur l’origine des produits que je consomme (même si ce n’est pas toujours dans mes moyens). Alors je consomme moins de viande, mais j’essaie de la consommer « mieux ». Et donc quand je peux cuisiner vegan, je le fais. Tout simplement. Mais étrangement, j’ai pas encore trouvé d’alternatives pour ma « quiche » chèvre-lardons, alors pour les versions vegan, ça sera la plupart du temps des desserts.

En conclusion

Non, je n’ai pas changé… enfin si sûrement un peu, mais mes recettes sont toujours là pour faire plaisir à ceux pour qui je les cuisine. Alors quels que soient vos goûts, vos préférences, vos choix de vie, j’espère que vous y trouverez votre bonheur !

3 mois

3 mois. Il y a 3 mois, aux alentours de 22h, j’arrivais aux urgences de la maternité Jeanne de Flandres, après quelques temps à tergiverser « Tu crois que je me fais pipi dessus ? Ça serait bizarre quand même, nan ? Nan puis là j’me sens pas prête ! De toute façon quand on perd les eaux ça fait pas ça, si ? » (spoiler : si).

C’était le début d’un marathon qui, à vrai dire, ne s’est toujours pas fini. Une soirée longue, à attendre, une nuit à déambuler dans les couloirs froids (ou alors était-ce juste la fatigue qui me donnait cette impression ?), agrippée à un homme privé aussi de sommeil par la force des choses. 7h, changement de garde. Déjà une demie heure que j’attendais la fin de cette contraction, cette fichue contraction qui n’en finissait pas, et qui finalement ne se terminerait pas puisque je me mettrai en route pour la salle d’accouchement, avec pose (tant attendue) de la péridurale.

Mais tu n’étais pas encore tout à fait décidée à venir. Tu avais quelques jours d’avance de toute façon, mais une fois la poche des eaux percée, on m’avait dit que je ne ressortirai qu’avec toi, alors autant nous rejoindre vite, non ? Mais non, tu ne « t’engageais pas dans le bassin » comme ils disent. Et pour cause, il était trop petit… alors on a attendu, toute la journée, à dormir à moitié, shootée à la péridurale pour ma part, et des proches qui s’impatientaient, d’autre part. 19h, fin de la garde de jour. Ça commence à être bon, mais pas encore tout à fait. Tu m’avais écoutée et t’étais décidée à débarquer en octobre, mais vraisemblablement, entre le 27, 28 et 29, ton cœur balançait. Mais avant que le douzième coup de minuit ne sonne, tu étais là, ma petite princesse…

Alors je ne vais pas mentir, car c’est contre tous mes principes : non, ce n’était pas le plus beau jour de ma vie. Loin de là. Mais ne te méprends pas : tu ES une des plus belles choses de ma vie. C’est juste que parfois il y a d’autres éléments qui entrent en jeu et gâchent le moment. Mais toi, toi… toute mignonne petite chose…

Sarah_hidden_B&W

« On avait dit pas de photo ! »

Trois mois que tu nous émerveilles. Alors oui, j’ai oublié ce qu’était une bonne nuit de sommeil, une soirée tranquille et sans pleurs, parfois j’oublie même de manger. J’ai rarement autant été à l’emprise de doutes ou me suis sentie aussi peu à la hauteur. Je ne pensais pas devoir ressentir un jour la douleur de voir quelqu’un que j’aime souffrir, avoir le cœur lourd face à mon impuissance… Et pourtant, je ne déroge pas à la règle et m’émerveille du moindre de tes faits et gestes, que ça soit ton premier « port de tête » aux moments (trop rares ceci dit) où tu arrives par je-ne-sais-quel miracle à récupérer ta tétine toute seule. Et tes sourires. En coin ou qui traversent ton visage, ou encore ceux accompagnés de gazouillis. Ils me font tout oublier, plus rien n’existe en dehors de toi et ton papa. Alors qu’importent les épreuves, car il y en aura toujours. Tant que j’ai tes sourires, moi, ça me va.

Enfin : j’ai fini mon blabla de maman-gaga. Il ne me reste plus qu’à ajouter : « joyeux trois mois » mon petit chat !

Sarah-Vincents_hands

Des armes et des larmes

L’horreur.
Je ne dormais pas mais c’est un véritable cauchemar qui m’éveille.
Les attentats de janvier ne sont pourtant pas si loin.
Je n’avais pourtant pas oublié.

La France sort de son cocon dans lequel elle s’était renichée et se réveille dans la douleur.
Je ne dis pas que tous les Français avaient oublié le 11 janvier, je dis juste que c’est plus facile d’oublier, de “mettre de côté dans un coin de sa tête” quand ce n’est pas son quotidien.

Ils sont trop nombreux à vivre ça chaque jour, alors que nous on s’est presque habitué à entendre ça aux infos.
“Encore un attentat suicide” “Toujours de nouveaux réfugiés syriens à accueillir”…
Notre quotidien, c’est de l’entendre, de le voir de loin, pas de le vivre.

Mais là, la France est en deuil. La France souffre : on l’a frappée en plein cœur, Paris saigne. Le Stade de France, le Bataclan, le 11ème arrondissement…
Cette nuit, nous avons perdu des compatriotes dans le plus gros attentat que les Français n’ont jamais connu sur leur sol.


Moi, j’étais dans mon lit, je regardais ma fille. Elle a eu du mal à trouver le sommeil cette nuit-là, mais a fini par s’endormir paisiblement dans les bras de son père et moi. Nous avions le cœur lourd et on est resté là, blottis tous les trois, en silence.

Le lendemain matin, j’ai décidé de ne pas regarder les réseaux sociaux. J’avais déjà pris des nouvelles de mes proches à Paris, je les savais sain et sauf et égoïstement, j’ai voulu me contenter de ça. Puis je savais que j’allais y voir : des élans de solidarité se mêlant à des messages de haine et de colère, le tout ponctué de désespoir.

peace-for-paris_jeanjullien

Peace for Paris — @Jean_Jullien

La colère, je la comprends, la solidarité, je la partage et l’encourage. Le désespoir et la haine sont malheureusement des sentiments qui découlent naturellement de ce genre de drame.

Comment réagir face à une telle folie meurtrière ? Face à de telles horreurs ?

Je pense à ceux qui ont perdu un proche, à ces parents dont l’enfant ne rentrera jamais. J’en frissonne. Si c’était mon enfant, saurais-je avoir plus de recul ? Je l’espère, mais ça serait prétentieux de dire que j’en suis sûre et à vrai dire, j’en doute sincèrement. L’amour que l’on porte à ceux qui nous sont chers nous fait perdre toute lucidité et je le sais alors même que je n’ai pas vécu de choses aussi terribles.

Mais alors, que faire ? Céder à la terreur ? Arrêter de vivre ? Se morfondre sur le monde dans lequel on vit ? Non. Je le refuse !

Certains s’interrogent sur l’intérêt de vivre dans un monde pareil et surtout sur le bien-fondé d’y élever nos enfants. Pas moi. Ma fille, cette nuit-là, m’a apporté du réconfort dans son visage serein et endormi. Pour elle, je me suis réveillée en me disant que la vie ne s’arrêtait pas là. Au contraire, je veux me battre pour qu’elle grandisse dans un monde meilleur. Mes aïeuls se sont déjà battus pour ça, pourquoi pas nous ?

Évidemment, je suis contre la guerre, mais ce n’est pas ce que j’entends par se battre. On peut se battre sans arme. Se battre contre le terrorisme, c’est garder le sourire et continuer de vivre, ne pas céder au règne de terreur qu’ils veulent établir. Peut-être me trouverez vous naïve.

Mais quand, dans quelques années, ma fille apprendra dans son livre d’histoire les détails de cette nuit sanglante, je veux qu’elle sache que ce n’est pas une fatalité et qu’elle doit se battre pour préserver ce qu’il y a de beau dans ce monde. Et ce combat commence par nous.