Une histoire de routine

Ça commence tout bêtement, un soir de pluie torrentielle, un peu plus fatiguée que d’habitude, avec au creux du ventre un sentiment de solitude. Puis on craque, on a besoin de changements, on essaie dans notre coin d’aller mieux, sans grands résultats, et avec grande déception.

L’histoire de Camille racontée par Raphaëlle Giordano dans « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » n’est pas un chef d’œuvre littéraire, mais elle a fait un drôle d’écho à mon état de ces derniers temps. Le livre nous accompagne dans une thérapie positive, simplement mais joliment contée.

Camille a tout pour être heureuse, mais elle ne l’est pas. Elle essaie de relativiser, d’aller de l’avant, mais elle est enfermée dans son cercle vicieux. Je ne me suis que trop reconnue dans le schéma et vu le succès de l’ouvrage, je ne suis pas la seule. En 250 pages, Claude, routinologue, nous prend par la main pour nous guider vers le cercle vertueux. Un guide du bonheur comme il doit en exister des milliers, celui-ci a l’avantage d’être romancé et de se lire en quelques heures.

Pour tous ceux et celles victimes d’un coup de blues, ou plus, je vous le recommande donc chaleureusement ! Ce roman, dévoré en quelques heures, n’est pas là pour nous faire voyager, mais il laissera son lecteur rêveur et pour ma part, avec une folle envie de changer ma routine.

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Tourner la page

J’ai une page que j’ai besoin de tourner, et ça fait des mois que les mots tourbillonnent dans ma tête, mais s’en trouver la paix, j’espère la trouver ici. J’en parle autour de moi, à mes proches, mais je sens que j’ai besoin, encore une fois, de les écrire. Pourquoi encore une fois ? Car j’ai déjà écrit des mots, des dizaines et des dizaines de lignes, au principal intéressé.

Alors que je me décide enfin ce soir à m’épancher ici, je réalise que ça doit faire un an depuis son dernier message. Ça pourrait y ressembler, mais non, je ne décris pas un chagrin d’amour. Je parle de ce qu’on peut appeler un « chagrin d’amitié ». On n’en parle pas aussi souvent, même si j’ai trouvé des articles, ici ou encore . Alors que ça fait si mal. Une amitié peut être fusionnelle, sauf qu’on ne s’attend jamais à ce qu’elle finisse. Et pourtant.

Il y a 10 ans, je rencontrais quelqu’un sur les bancs de la fac et il allait devenir mon meilleur ami. C’est peut-être puéril comme appellation me direz-vous, mais c’est pourtant ça. Très rapidement, ça a été le « meilleur », celui qui me comprenait le mieux dans mon entourage proche, avec qui je parlais des heures, ça ne me vient pas en français et je m’en excuse, mais il était réellement « my better self », version masculine.

Les années ont passé, avec de la distance, parfois physique mais pas toujours, mais on était là l’un pour l’autre, on semblait évoluer dans le même sens. Il avait adopté ma famille, mes amis, et mon homme. Il m’avait vue dans mes jours les plus sombres et moi dans les siens.

Puis l’année dernière, tout a basculé dans ma vie et dans notre amitié.

Dans ma vie, ça a été plutôt brusque : quand j’ai appris ma grossesse, on a cherché un nouveau chez nous, on a revu nos projets, nos priorités. C’était très fort. Mais aussi très flippant. C’était une année riche en émotions, aussi bien des grands moments de joie, que des périodes de doutes ou de peurs.
Dans notre amitié, le changement n’a pas vraiment été brusque. Il n’y a rien eu de radical, simplement… il n’a pas été là. Il a fallu que je réclame, mais qui réclame son meilleur ami ? Où était passé son sixième sens, qui était de toujours savoir quand j’avais besoin de lui ? Puis j’ai fini par être trop fatiguée, physiquement comme moralement, pour le « réclamer ».

Je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur, il ne voyait pas les choses sous le même angle. Ce qu’il a vu comme un besoin pressant d’attention de ma part, je l’ai vécu comme un abandon de la sienne.

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Un an. Un an de silence.

Je ne comprendrai sûrement jamais ce qu’il s’est passé au point qu’il décide que je n’en valais plus la peine, que mon amitié n’était plus qu’un poids pour lui, dont il se devait se débarrasser (enfin ?). Il avait déjà laissé de côté des amitiés avant. Certains me diront alors « Tu aurais dû t’en douter ! », et vous ne serez pas les premiers. Mais je ne l’ai jamais vu comme ça, j’ai même toujours refusé de le voir comme ça. Je l’avais même toujours défendu auprès de ces amis, déçus et délaissés. Puis ça m’est arrivé à moi et il n’y a plus personne pour me contredire. Même pas lui.

Heureusement pour moi, quelqu’un est venu couvrir ce silence. Ce silence est toujours douloureux, mais il est chaque jour moins lourd à porter, comblé par des cris, des pleurs, des balbutiements.

Car dans deux jours, cela fera déjà un an qu’un petit cri a retenti dans une salle d’accouchement, un soir, très tard, à la maternité Jeanne de Flandre. Et pour elle, il est temps que je tourne la page.

Mes recettes ‘guilt-free’

Si vous suivez un peu ce blog, vous avez sûrement remarqué que par rapport à mes premières recettes, je précise de plus en plus souvent ‘guilt-free‘, ce qui correspond pour moi à « sans gluten et vegan« . Dans cet article, j’aimerais simplement revenir rapidement (ou presque) sur ça.
Pour ce qui est du gluten,

C’est peu le grand drame de ma vie (culinairement parlant évidemment, il faut savoir relativiser). Comprenez-moi : j’aime les tartes, les tourtes, les crêpes, les viennoiseries, le pain et une multitude de biscuits parmi lesquels mes cookies bien-aimés. Mais il y a 2 ans, alors que je cherchais depuis un paquet d’années une solution miracle à mes migraines, quelqu’un qui vivait la même chose que moi m’a fait une suggestion. C’était un professionnel médical, qui donc me confirmait qu’avoir un corps devenu insensible à certains médicaments, notamment ceux à base d’opium, n’était pas en soi idéal. Il m’a dit qu’après plusieurs essais de son côté pour trouver la source (mais en fait c’est fourbe, car il y a plusieurs facteurs qui rentrent en compte), il avait remarqué qu’en éliminant le gluten de son alimentation, ses migraines avaient quasiment disparu !

Toute contente, je me suis dit que j’allais revivre, finie ma migraine hebdomadaire ! Sauf que j’ai fouillé un peu : le gluten, y en a quasiment partout. Et puis en même temps que je cherchais recettes et alternatives, je découvrais la « mode du sans-gluten ». Autant être honnête, ça m’inspirait pas plus que ça. Mes migraines n’étant pas tellement plus inspirantes, j’ai essayé. Et voilà, le miracle a opéré. Ça fait maintenant quasiment 2 ans que le miracle opère toujours. Parce que je n’aime pas faire le mouton ni les choses à moitié, j’ai fait des tests médicaux, qui ont confirmé une intolérance, mais pas une allergie. OUF. Les traces de gluten, ou en toute petite quantité, ça passe.

Alors bon, effet placébo ou pas, je vous avoue que mon quotidien est nettement plus agréable depuis que 96 % de mes migraines ont disparu (bah ouais, elles reviennent quand même de temps en temps, faut pas rêver), donc je continue à cuisiner dans ce sens.

Pour ce qui est du vegan (sans cruauté animale / ni rien du tout d’origine animale),

Je vais être honnête tout de suite : je ne suis pas vegan. La cause animale m’a toujours travaillée et me travaillera sûrement toujours. Mais actuellement, même si quand je lis certaines news, vois certaines vidéos choc PETA ou autre, j’ai le sentiment d’être monstre sans âme, ça ne suffit pas à me dégoûter de tous ces ingrédients d’origine animale. Un régime vegan me frustrerait et cette frustration a elle-seule serait une totale hypocrisie envers la cause. J’aime la viande, le fromage, le miel… Mais quand je peux, quand cela ne change « rien » au résultat final, j’aime cuisiner l’alternative vegan. Car j’essaie de consommer de manière responsable. J’essaie d’être la plus exigeante possible sur l’origine des produits que je consomme (même si ce n’est pas toujours dans mes moyens). Alors je consomme moins de viande, mais j’essaie de la consommer « mieux ». Et donc quand je peux cuisiner vegan, je le fais. Tout simplement. Mais étrangement, j’ai pas encore trouvé d’alternatives pour ma « quiche » chèvre-lardons, alors pour les versions vegan, ça sera la plupart du temps des desserts.

En conclusion

Non, je n’ai pas changé… enfin si sûrement un peu, mais mes recettes sont toujours là pour faire plaisir à ceux pour qui je les cuisine. Alors quels que soient vos goûts, vos préférences, vos choix de vie, j’espère que vous y trouverez votre bonheur !

3 mois

3 mois. Il y a 3 mois, aux alentours de 22h, j’arrivais aux urgences de la maternité Jeanne de Flandres, après quelques temps à tergiverser « Tu crois que je me fais pipi dessus ? Ça serait bizarre quand même, nan ? Nan puis là j’me sens pas prête ! De toute façon quand on perd les eaux ça fait pas ça, si ? » (spoiler : si).

C’était le début d’un marathon qui, à vrai dire, ne s’est toujours pas fini. Une soirée longue, à attendre, une nuit à déambuler dans les couloirs froids (ou alors était-ce juste la fatigue qui me donnait cette impression ?), agrippée à un homme privé aussi de sommeil par la force des choses. 7h, changement de garde. Déjà une demie heure que j’attendais la fin de cette contraction, cette fichue contraction qui n’en finissait pas, et qui finalement ne se terminerait pas puisque je me mettrai en route pour la salle d’accouchement, avec pose (tant attendue) de la péridurale.

Mais tu n’étais pas encore tout à fait décidée à venir. Tu avais quelques jours d’avance de toute façon, mais une fois la poche des eaux percée, on m’avait dit que je ne ressortirai qu’avec toi, alors autant nous rejoindre vite, non ? Mais non, tu ne « t’engageais pas dans le bassin » comme ils disent. Et pour cause, il était trop petit… alors on a attendu, toute la journée, à dormir à moitié, shootée à la péridurale pour ma part, et des proches qui s’impatientaient, d’autre part. 19h, fin de la garde de jour. Ça commence à être bon, mais pas encore tout à fait. Tu m’avais écoutée et t’étais décidée à débarquer en octobre, mais vraisemblablement, entre le 27, 28 et 29, ton cœur balançait. Mais avant que le douzième coup de minuit ne sonne, tu étais là, ma petite princesse…

Alors je ne vais pas mentir, car c’est contre tous mes principes : non, ce n’était pas le plus beau jour de ma vie. Loin de là. Mais ne te méprends pas : tu ES une des plus belles choses de ma vie. C’est juste que parfois il y a d’autres éléments qui entrent en jeu et gâchent le moment. Mais toi, toi… toute mignonne petite chose…

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« On avait dit pas de photo ! »

Trois mois que tu nous émerveilles. Alors oui, j’ai oublié ce qu’était une bonne nuit de sommeil, une soirée tranquille et sans pleurs, parfois j’oublie même de manger. J’ai rarement autant été à l’emprise de doutes ou me suis sentie aussi peu à la hauteur. Je ne pensais pas devoir ressentir un jour la douleur de voir quelqu’un que j’aime souffrir, avoir le cœur lourd face à mon impuissance… Et pourtant, je ne déroge pas à la règle et m’émerveille du moindre de tes faits et gestes, que ça soit ton premier « port de tête » aux moments (trop rares ceci dit) où tu arrives par je-ne-sais-quel miracle à récupérer ta tétine toute seule. Et tes sourires. En coin ou qui traversent ton visage, ou encore ceux accompagnés de gazouillis. Ils me font tout oublier, plus rien n’existe en dehors de toi et ton papa. Alors qu’importent les épreuves, car il y en aura toujours. Tant que j’ai tes sourires, moi, ça me va.

Enfin : j’ai fini mon blabla de maman-gaga. Il ne me reste plus qu’à ajouter : « joyeux trois mois » mon petit chat !

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Des armes et des larmes

L’horreur.
Je ne dormais pas mais c’est un véritable cauchemar qui m’éveille.
Les attentats de janvier ne sont pourtant pas si loin.
Je n’avais pourtant pas oublié.

La France sort de son cocon dans lequel elle s’était renichée et se réveille dans la douleur.
Je ne dis pas que tous les Français avaient oublié le 11 janvier, je dis juste que c’est plus facile d’oublier, de “mettre de côté dans un coin de sa tête” quand ce n’est pas son quotidien.

Ils sont trop nombreux à vivre ça chaque jour, alors que nous on s’est presque habitué à entendre ça aux infos.
“Encore un attentat suicide” “Toujours de nouveaux réfugiés syriens à accueillir”…
Notre quotidien, c’est de l’entendre, de le voir de loin, pas de le vivre.

Mais là, la France est en deuil. La France souffre : on l’a frappée en plein cœur, Paris saigne. Le Stade de France, le Bataclan, le 11ème arrondissement…
Cette nuit, nous avons perdu des compatriotes dans le plus gros attentat que les Français n’ont jamais connu sur leur sol.


Moi, j’étais dans mon lit, je regardais ma fille. Elle a eu du mal à trouver le sommeil cette nuit-là, mais a fini par s’endormir paisiblement dans les bras de son père et moi. Nous avions le cœur lourd et on est resté là, blottis tous les trois, en silence.

Le lendemain matin, j’ai décidé de ne pas regarder les réseaux sociaux. J’avais déjà pris des nouvelles de mes proches à Paris, je les savais sain et sauf et égoïstement, j’ai voulu me contenter de ça. Puis je savais que j’allais y voir : des élans de solidarité se mêlant à des messages de haine et de colère, le tout ponctué de désespoir.

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Peace for Paris — @Jean_Jullien

La colère, je la comprends, la solidarité, je la partage et l’encourage. Le désespoir et la haine sont malheureusement des sentiments qui découlent naturellement de ce genre de drame.

Comment réagir face à une telle folie meurtrière ? Face à de telles horreurs ?

Je pense à ceux qui ont perdu un proche, à ces parents dont l’enfant ne rentrera jamais. J’en frissonne. Si c’était mon enfant, saurais-je avoir plus de recul ? Je l’espère, mais ça serait prétentieux de dire que j’en suis sûre et à vrai dire, j’en doute sincèrement. L’amour que l’on porte à ceux qui nous sont chers nous fait perdre toute lucidité et je le sais alors même que je n’ai pas vécu de choses aussi terribles.

Mais alors, que faire ? Céder à la terreur ? Arrêter de vivre ? Se morfondre sur le monde dans lequel on vit ? Non. Je le refuse !

Certains s’interrogent sur l’intérêt de vivre dans un monde pareil et surtout sur le bien-fondé d’y élever nos enfants. Pas moi. Ma fille, cette nuit-là, m’a apporté du réconfort dans son visage serein et endormi. Pour elle, je me suis réveillée en me disant que la vie ne s’arrêtait pas là. Au contraire, je veux me battre pour qu’elle grandisse dans un monde meilleur. Mes aïeuls se sont déjà battus pour ça, pourquoi pas nous ?

Évidemment, je suis contre la guerre, mais ce n’est pas ce que j’entends par se battre. On peut se battre sans arme. Se battre contre le terrorisme, c’est garder le sourire et continuer de vivre, ne pas céder au règne de terreur qu’ils veulent établir. Peut-être me trouverez vous naïve.

Mais quand, dans quelques années, ma fille apprendra dans son livre d’histoire les détails de cette nuit sanglante, je veux qu’elle sache que ce n’est pas une fatalité et qu’elle doit se battre pour préserver ce qu’il y a de beau dans ce monde. Et ce combat commence par nous.

Les joies de la grossesse

Quand on est enceinte, qu’on parle avec une femme enceinte, l’expression « les joies de la grossesse » revient souvent. À la fois employée au premier comme au trente-sixième degré, maintenant que la mienne — de grossesse — touche à sa fin, je voudrais m’exprimer sur le sujet.

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Déjà, je veux commencer avec une banalité que tout le monde sait mais que tout le monde semble oublier aussi vite : CHAQUE GROSSESSE EST DIFFÉRENTE. D’une femme à l’autre, mais aussi pour une même femme, d’un enfant à l’autre. Je ne vous apprends rien (enfin, à certain(e)s il faut croire que si), mais ça peut merveilleusement se passer, comme très mal. Certaines auront à peine des symptômes indésirables, d’autres vont vivre un véritable enfer. Je ne peux parler que pour moi, et c’est exactement ce que je vais faire. J’invite toutes celles qui le veulent à s’exprimer sur leur propre grossesse mais je vous en prie, ne parlez pas pour les autres.

Dès le début, j’ai eu le droit aux symptômes classiques mais plutôt désagréables : les nausées, la grande fatigue, les vomissements. « Mais ça passera au 2ème trimestre, ne t’inquiète pas ! ». Pour la fatigue, ça s’est calmé — en même temps, difficile de surenchérir sur un besoin de 12h de sommeil sur 24h —, les nausées, pour la plupart aussi, mais les vomissements, non. Là, j’ai tout entendu :

– « Tu es sûre que ce sont des vomissements ? » Sérieusement les gens ? Comment voulez-vous confondre ça avec autre chose ?
– « C’est tellement rare les femmes enceintes qui vomissent jusqu’à la fin… » Oui, je sais, merci de me le rappeler, je me sens tellement mieux maintenant de savoir que je fais partie de cette catégorie d’élues !
– « Au moins tu ne risques pas de trop grossir ! » Bah figurez-vous que ça n’a rien changé à ma prise de poids, donc c’est d’autant plus frustrant.

Et voilà, on y est : bienvenues à toutes ces remarques intrusives que chaque femme enceinte subit lors de ses merveilleux mois de grossesse.

« Tu ne devrais pas manger ça » « Tu devrais plutôt faire ça»
« Je suis sûre que c’est à cause de ça que tu vomis/grossis/[
verbe reprenant un symptôme désagréable] ».

Aux dernières nouvelles, le fait d’avoir été enceinte ne décerne aucun diplôme médical sur le sujet, alors laissons médecin généraliste, gynéco, sage-femme et tout le bazar médical qui nous suit chaque mois faire leur travail.

Viens la question des kilos. « Alors, t’en as pris combien ? » Cette question revient, beaucoup, beaucoup trop souvent. Pour ne pas dire systématiquement (mais non, c’est pas systématique, les hommes en général vous épargne cette question et je ne les remercierai jamais assez pour ça). Chaque femme prend du poids différemment et que je sache, ce n’est pas contagieux. Donc autrement dit : on s’en fiche. Je vais être honnête : j’ai toujours eu un problème avec mon poids. Aussi loin que je m’en souvienne, je déteste ce qu’on appelait mon « petit ventre de bébé » et qui s’est transformé en « petit ventre rond que j’ai jamais perdu ». Mais je pensais que la prise de poids pendant ma grossesse serait la seule avec laquelle je serai en paix. Spoiler : NON. Et aujourd’hui, il suffit de voir à quel point ça fait débat dans notre société, quasiment toutes les femmes sont touchées par ce fléau qu’est l’obsession du poids.

ALORS POURQUOI, POURQUOI, VOUS OBSTINEZ-VOUS À NOUS POSER CETTE QUESTION ?

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Vous aimeriez, vous, qu’on vous demande tous les jours combien vous avez pris de kilos, alors qu’on sait que ça tourne autour de + 10 kg en moins d’un an ? Non, vous ne m’aimeriez pas. Et devinez quoi : les femmes enceintes non plus. Si on a le courage/l’envie de vous répondre, qu’allez-vous nous dire ? Le même chiffre ne signifie rien d’une femme à l’autre. En général, on a le droit à une banalité du genre « ça va encore », que vous auriez dite quel que soit le poids annoncé, donc autant s’abstenir, non ? On est déjà assez sur les forums à désespérer face aux reproches de notre gynéco quant à notre prise de poids plus ou moins importante, à pleurer sur ce corps qu’on ne retrouvera jamais, sur ces vergetures qui ont décidé d’apparaître malgré la fortune qu’on a dépensée en produits divers pour les éviter. Alors vraiment, arrêtez avec cette question et gagnez toute notre reconnaissance.

Et la grossesse ne se résume pas qu’à ça, évidemment : c’est aussi oublier que tout d’un coup, parce qu’on a un bébé dans le ventre, n’importe qui à le droit de vous toucher (est-ce qu’on tâte vos bourrelets à vous ?), c’est devoir sourire et dire que c’est merveilleux quand vous sentez le bébé bouger alors que parfois ça-douille-sa-mère (il faut arrêter de mentir : recevoir des coups de pied dans les boyaux, ça n’a jamais été agréable) et c’est évidemment tout le stress autour du fait de « subir son état », sans parler des symptômes, seulement du fait que vous portez la vie mais qu’il peut arriver n’importe quoi, vous en avez la responsabilité sans pouvoir faire quoi que ce soit pour la protéger. La grossesse, c’est tout ça. Le « miracle de la vie », oui, mais en gardant à l’esprit que le miracle c’est le résultat, et que le chemin parcouru n’a rien d’un joli conte de fée. Alors à toutes celles qui passent par là, sont passées par là, veulent passer par là : courage. C’est pas grand chose, mais je suis de tout cœur avec vous.

Malgré tout, je veux finir cette tirade en remerciant tout ceux qui ont pris de mes nouvelles, qui se sont inquiétés de mon état : ça me touche à chaque fois, sincèrement (oui, même si vous avez peut-être « commis » une des maladresses ci-dessus).

En fait, je ne vais pas finir sur ça. Car même si c’est vrai que c’est la mère qui porte le bébé, je remercie tout particulièrement ceux qui ont aussi pensé au papa : c’est lui notre premier soutien, notre premier rempart face à ce bouleversement complet, bouleversement qu’il ne vit peut-être pas physiquement, mais dont il subit en premier plan la moindre conséquence. Merci à toi, d’être là, de m’aimer chiante, complexée, fatiguée, frustrée, parfois désespérée ou paniquée. Merci.

Et ma fille, si un jour tu me lis : non, cette grossesse n’a pas été le paradis avec lequel on nous berce d’illusions, mais j’ai eu de la chance, car j’étais bien entourée, par ton papa en premier. Et si tu es le résultat, alors tout ça en vaut bien la peine.

Une nouvelle vie

Une nouvelle vie pour moi, une nouvelle vie qui pousse dans l’bidou, une nouvelle vie pour notre couple. Un jour presque comme les autres vous avez un gros coup de calcaire, un médecin qui vous dit de lever le pied et vous prescrit des prises de sang, et bim, les résultats vous annoncent que c’est pas tellement un souci de carences, mais plutôt quelque chose en plus. Comment ça, en plus ?

Tout se bouscule, on n’y est pas forcément prêt, ni psychologiquement, ni logistiquement, ni financièrement, etc., autrement dit : pas prêt du tout. Moi j’étais plutôt dans l’optique d’avoir une taille de guêpe pour l’été, donc autant vous dire que j’me foutais le doigt dans l’œil. Mais finalement, il paraît que l’on n’est jamais vraiment prêt pour ça… Et on se dit qu’on a quand même de la chance, on s’aime, on n’est pas à la rue et franchement plutôt bien chanceux d’être en France. Alors on se lance.

On accepte l’idée et on met tout en place pour que cette nouvelle vie commence pour le mieux. Car c’est pas le tout, mais le chrono, lui, il nous a pas attendu pour démarrer. On a 9 mois 8 mois pour se préparer à devenir parents.

On fait le bilan (calmement…) et on se dit qu’il va falloir voir grand plus grand. Ah, puis finalement, louer ou acheter, après moultes calculs et équations, on réalise que ça nous revient quasi à la même chose. Bon bah c’est parti, propriétaires et parents dans la même année : c’est un challenge qu’on relève nous, parce qu’on est des fous !

Quelques semaines mois (et beaucoup de péripéties) plus tard, on se retrouve avec les clés d’une jolie petite maison en briques rouges. Coup de cœur, des “signes du destin” auxquels on ne croit pas vraiment mais qui quand même, c’est dingue comme coïncidence, et très rapidement, je vais rien vous cacher, son lot de mauvaises surprises. Mais bon, même s’il est un peu pourri par endroits le toit, on a un toit. À nous. (Allez, dites-moi que vous avez capté le jeu de mots ?)

reve printanierRêve printanier qui devient réalité.

Et le petit alien dans mon ventre, malgré toutes les inconnues autour de son arrivée qui nous effrayent autant que sa version par Ridley Scott, il parait que c’est une adorable petite fille qui grandit bien. Notre petite princesse à nous, qui est déjà bien entourée, avant même d’être là ! Les (futures) grand-mères tricotent, les (futurs) grands-pères briefent le futur papa sur les fameuses “blagues de papa”, les coupins/coupines sont gâteux/ses et me gâtent (bon, vous me l’avez réclamée et j’dois avouer que quand on se prête au jeu, c’est plutôt sympa à faire, alors pour ceux que ça intéresse, voilà la fameuse et traditionnelle liste de naissance), et nous dans tout ça, on déborde d’amour (et dans mon cas, on déborde aussi tout court).

Alors trinquons (enfin, surtout vous) à cette nouvelle vie, à nous, et surtout à tout ceux qui en feront partie. Merci.

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